Le chanteur Québecois JC Harrisson était au festival du Coudray-Montceaux, fin Juin… et vous pourrez lire un article à ce sujet dans le prochain magazine Danse-Floor qui sortira mi-septembre…

Mais en attendant, voici un article qui va vous transporter 12 ans en arrière, lorsque JC Harrisson est venu pour la première fois en France en 2003 à l’occasion d’un festival en Ile de France… En lisant ces deux articles, vous saurez comment il a évolué, de sa première passion de « conteur à l’oreille des chevaux » à son adoption par les Texans !

Interview : Pascal Vallart & Alain Mangenot. © Country France – Tous droits réservés – Reproduction interdite.

J.C.Harrisson en concert à Montréal en Avril 2004.

J.C.Harrisson en concert à Montréal en Avril 2004.

J.C Harrison a été découvert au Festival Festiwomen de Roissy en Brie en 2003. Il est passé au Billy Bob’s où il a obtenu un énorme succès. Aujourd’hui, il revient en star au second Country & Western Festival de Disney Village, avant d’entamer une tournée durant l’été 2004 qui passera par Mirande et par le French Riviera Country Music Festival de la Côte d’Azur.

Quelle a été votre première impression de la France, quand vous êtes arrivé du Québec ?

Premièrement, j’ai été surpris des connaissances musicales exceptionnelles de certains musiciens. Ensuite, l’accueil des gens m’a vraiment étonné. Je ne m’y attendais pas. Je pourrais presque dire que c’était mieux que chez moi. Je n’ai donc aucune crainte, et si je suis ici, c’est pour m’amuser et amuser le public. Tout cela me laisse penser que je prendrai énormément de plaisir ce soir.

Il y a toujours eu des relations intéressantes entre la France et le Québec, parce qu’il y a la langue nous relie.
Je suis canadien français. J’ai un léger accent évidemment, mais je comprends très bien la façon de parler des gens. Si on prend la peine de porter attention quelques secondes, c’est pratiquement semblable. Au Québec, on parle beaucoup de la France et sûrement qu’ici on parle aussi du Québec. On se sent accepté et on est très heureux.

J.C.Harrisson en répétition avec Lionel Wendling lors de la préparation du concert donné à Festiwomen & Guys en 2003 à Roissy en Brie, son premier concert en France.

J.C.Harrisson en répétition avec Lionel Wendling lors de la préparation du concert donné à Festiwomen & Guys en 2003 à Roissy en Brie, son premier concert en France.

Alors justement, concernant le problème de la langue, au Québec la country music est chantée en Français et vous, vous la chantez en anglais.

On ne peut pas se cacher que la vraie Country Music est chantée en anglais, que l’on regarde les années 10 ou les années 20. J’ai une grande influence qui est Hank Williams, même à mon âge, à tout juste trente ans, Hank Williams joue dans mon auto du matin au soir, donc il y a une tradition américaine. Moi non plus, je ne peux pas comprendre pourquoi chez moi les gens tentent de chanter en français. La Country Music c’est tellement bien quand c’est en anglais, et malheureusement ça ne l’est surtout pas quand c’est en français.

Parlons un peu de votre expérience. Il parait que vous avez chanté à Nashville.
Oui, j’ai fait environ 60 à 70 prestations à Nashville. J’ai chanté dans différents endroits, comme le Wildhorse Saloon qui est très grand, ou dans des endroits plus petits comme le Nashville Palace, le Tootsie’s et le Robert’s. On appelle le Tootsie’s la maison de Terri Clark, et de Willie Nelson aussi. Ce lieu a une renommée incroyable à Nashville. J’ai donc eu la chance de jouer régulièrement dans de nombreux bars, ayant beaucoup d’amis là-bas, d’auteurs compositeurs, qui évidemment font partie de mon album Deeper in Love. Je suis donc à Nashville quelques semaines, voire quelques mois par an.

 

Son album Deeper in Love.

Son album Deeper in Love.

Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez réalisé votre album ?
Je suis producteur de cet album donc je suis content de savoir que vous appréciez. Les musiciens sont québécois et ce sont parmi les meilleurs du Québec, peut-être même du Canada. Mon guitariste est vraiment exceptionnel. A ce moment, je me suis dit que j’étais capable de faire chez moi ce qu’ils font à Nashville, même s’il faut absolument tremper dans le monde country de Nashville, pour pouvoir vraiment sentir l’émotion et la vérité de ces chansons. C’est cela qui m’a amené à voyager régulièrement à Nashville et un peu partout aux Etats-Unis, et ainsi rencontrer nombre d’écrivains, d’auteurs compositeurs qui m’ont proposé des chansons que je trouvais vraiment intéressantes. Les gens autour de moi trouvaient que j’avais une voix potentielle pour chanter. J’ai beaucoup d’ambition dans la vie et je n’en étais pas encore certain, à ce moment là.

Je me suis alors rendu dans les grandes villes américaines pour me comparer avec les plus grands artistes, mes idoles comme Garth Brooks, Alan Jackson, George Strait, Randy Travis…

J’aime tellement de gens que je ne peux pas tous les citer. Quand je me suis mis à étudier un peu leurs façons de voir, j’ai trouvé que j’avais beaucoup de ressemblances avec eux. C’est à ce moment que je me suis dit allons-y, on tente le coup.

Je n’écris pas la musique mais j’ai une oreille exceptionnelle qui me permet de placer les instruments à tel et tel endroit assez facilement. J’ai donc rassemblé un certain nombre de chansons que j’ai trouvées aux Etats-Unis et en Ontario où j’ai un ami qui écrit très bien.

J’avais à peu près une quarantaine d’œuvres, dont j’en ai extrait une dizaine. Il y a 11 chansons sur l’album. Je suis rentré en studio et j’ai produit cet album qui est complètement original. J’aime beaucoup les chansons des autres mais je préfère entendre Hank Williams, non pas sur mon CD mais plutôt sur le sien. Je respecte beaucoup le travail et tout ce que ces gens-là ont fait.

On me demande souvent pourquoi ne pas faire un album de Hank Williams ou de l’un ou de l’autre. Je réponds que quand je veux entendre Hank Williams ou Garth Brooks, j’achète leur album. J’aimerais que les gens fassent de même alors je fais mes albums.

Pour l’instant un seul est sorti mais j’ai beaucoup d’œuvres à côté, et probablement qu’au mois d’avril ou de mai, on devrait faire autre chose. Les chansons qui ont été mis sur cet album sont très variées. Je pense que la variété est importante, tout comme de garder une certaine tradition.

Le violon et la steel font partie de tout ce que je fais et c’est le cœur de ma musique.

Des instruments qui sont traditionnels en Country Music…

On les voit de moins en moins, c’est malheureux. En France, vous êtes un peu plus traditionnels et c’est pour ça que j’aime beaucoup. Aujourd’hui, les radios américaines passent encore du traditionnel, mais c’est plutôt Country Pop. On entend donc de moins en moins la steel. Je pense à la chanson ‘Murder on Music Row’ qui a été faite par deux de mes idoles, Alan Jackson et George Strait. Je la chante beaucoup chez moi et j’estime qu’elle a une réalité très directe avec le monde d’aujourd’hui.

A Montréal avec Nathalie Pelletier et les danseurs de "Fais moi Danser"

A Montréal avec Nathalie Pelletier et les danseurs de « Fais moi Danser »

Il y a une chose très intéressante concernant l’album, car une chorégraphie de danse Country a été créée sur le premier morceau. Comment cela s’est-il passé ?
Quand j’ai sorti mon album Deeper in love, je voulais avoir six musiciens et choristes mais je ne voulais pas m’arrêter là, car on sait très bien qu’aujourd’hui, la Country Music passe par la danse. Il y a des dizaines de milliers de danseurs au Québec, et encore beaucoup plus aux Etats-Unis. En France aussi, c’est en plein développement, c’est merveilleux. Alors, pour moi, je trouvais qu’il y avait un manque à aller sur scène avec de la Country Music en 2000, sans danseurs.

Je me suis dit qu’il fallait y aller avec les goûts de tous et chacun. J’ai emmené sur scène des danseurs et je les ai invité à faire une chorégraphie sur ma chanson ‘Mexican Vacation’. Cette chorégraphie magnifique, ‘Mexican Vacation Original’, qui a été créée par Nathalie Pelletier a vraiment été appréciée, et tous les bars Country dansent sur cette chanson. C’est très important pour le futur d’avoir des œuvres dansées. Même si ça ne danse pas toujours dans les spectacles, les gens écoutant plus souvent qu’ils ne dansent, c’est merveilleux de savoir qu’ils le peuvent. C’est indispensable d’avoir une danse comme cela, et probablement aussi une porte d’entrée en Europe. Je fais à la fois de la musique pour danser et de la musique pour écouter. Il y a aussi des chorégraphies sur d’autres de mes chansons.

Vous dansez aussi ?
Oui, je danse en spectacle, notamment sur « Danny loves to swing », une chanson rock’n’roll country de mon album. Il y a une danse très rapide et acrobatique sur scène et je danse avec les danseurs. Bien sûr, je ne peux pas me consacrer à toutes les danses mais, à chaque solo, j’ai de l’interaction avec les danseurs et je fais les mêmes pas qu’eux. Le public semble apprécier ce que cela donne, et tout ce que cela occasionne.

JC Harrisson avec Violette Vanderborck et Annie Dance de la Fédération Francophone de Danse Country (FFCLD)

JC Harrisson avec Violette Vanderborck et Annie Dance de la Fédération Francophone de Danse Country (FFCLD)

Cela vient peut-être du fait que vous aimez aussi le cheval, que vous avez fait beaucoup d’équitation.

Non, je ne fais pas d’équitation. Je dompte des chevaux qui se trouvent à l’état un peu sauvage. Ils sont très durs d’approche. Je réussis à les amener très dociles et je les remets au propriétaire, qui les entraîne pour la course. Parfois aussi, il me les laisse et c’est moi qui les entraîne. Personnellement, de prendre un cheval à l’état sauvage et de l’amener à l’état apprivoisé, afin que n’importe qui puisse les toucher, est facile pour moi. Je ne parle pas le cheval, mais depuis ma jeunesse, je semble comprendre un peu la physionomie d’un cheval, la façon dont il peut penser. Dès que l’on a compris cela, comme les vrais Texans le font, on est en interaction. Il y a une façon de communiquer juste avec les regards et les mouvements. C’est mon premier métier et une autre passion. Je ne peux pas vous cacher que le cheval est, pour moi, un animal excessivement beau. Dernièrement, j’ai dû me séparer de mon dernier cheval, par manque de temps.

Revenons un peu aux généralités, car c’est intéressant d’avoir votre opinion sur l’évolution de la country music, vous qui êtes un peu entre les deux continents. On dit en ce moment qu’à Nashville, cela évolue vraiment vers la Pop Music, de façon presque outrancière. D’ailleurs au Québec on parle beaucoup de Country Pop… Que pensez-vous de cela ?

Malheureusement, je suis obligé de répondre oui, à cause de mon côté traditionaliste. Je vis encore dans les années 20, alors que nous sommes en 2003. Les producteurs ont de plus en plus de mal à récupérer de l’argent, et ils essaient de viser les radios commerciales, de tous types. On peut prendre l’exemple d’un groupe comme Lonestar, très bon d’ailleurs, qui a fait une chanson qui s’intitule ‘Amazed’, et qui tourne sur toutes les radios du monde entier. On ne peut pas se cacher que ce qui mène le bal, ce sont les compagnies de disque. Si on a quelqu’un à blâmer, ce serait peut-être probablement eux. Ils visent les radios Pop pour avoir plus d’écoute et vendre plus de CD. Mais il ne faut pas oublier qu’il reste certains traditionalistes, tels que George Strait ou Alan Jackson, qui ont le culot de garder leur style de musique. Pour cela, je les félicite et les en remercie. Alan Jackson est ma première idole, et même si le côté traditionaliste a évolué avec une teinte de Rock, il ne faut pas occulter le fait que certains font encore de la très bonne musique. La Country Music est aussi faite pour les bikers américains, qui écoutent de la Country et du Rock’n’roll.

Alors, pour vous, que représente la musique de Shania Twain ?

Shania Twain, c’est une chanteuse Pop exceptionnelle, qualifiée Country. La Country Music est un grand marché aussi, il ne faut pas l’oublier. Quand on qualifie quelqu’un de Country, on sait que ça va passer sur les radios Country, et aux Etats-Unis, cela représente des milliers de stations. On est bien obligé de se plier un peu à la façon de faire des producteurs américains.

Pour en revenir à votre carrière, vous avez un second album en préparation ?

Oui bien sûr. Cela fait même un certain temps que je suis prêt pour ça. Quand j’ai produit l’album Deeper in love, j’ai pris beaucoup de temps. Cela ne fait pas loin de deux années qu’il était préparé mais je n’avais que difficilement la vision du pays dans lequel je voulais aller. C’est très difficile au Canada, et surtout chez moi au Québec, car étant québécois français, chanter en anglais semble illogique là-bas, alors qu’ici c’est très logique. Je présente donc mon album à certains endroits et quand je serai prêt, je présenterai le reste. J’ai enregistré pas loin de 40 chansons originales l’an dernier. Je ne vous cache pas qu’on risque de faire du bon travail ici, par rapport au nombre de danseurs dont j’ai pu entendre parler. L’autre album, j’aimerais beaucoup le faire pour avril prochain. On pourrait peut-être même le sortir ici, avant chez moi, on verra…

Bando Harrisson

Comment cela se passe-t-il pour la commercialisation ? Combien avez-vous vendu d’albums ?

Au Québec, 2 000 albums grand maximum. En fait je n’avais pas envie de le sortir. J’ai eu des offres de compagnies de disques au Québec, mais pourquoi mettre un produit sur le marché quand il n’y a pas d’auditoire ? Pourquoi mettre un disque dans un magasin alors que personne ne peut l’entendre à la radio ? Il n’y a qu’une radio au Québec. C’est pour cela que c’est si long avant que je n’arrive à d’autres choses. Il faut absolument que je vise le bon marché, au bon endroit. J’ai beaucoup de distributeurs de disques, de personnes qui m’ont approché pour cela. Et puis, avec tout ce qui se passe aux Etats-Unis depuis deux ans, la guerre notamment, ce n’est pas le temps pour moi d’arriver là. Donc, l’album Deeper in love, quand je dis nouveau, est même nouveau chez moi. C’était mon but d’ailleurs, car je voulais chercher les gens qui aiment vraiment la country. Je cherche encore, mais je vais trouver.

Alors, comment faites-vous pour le distribuer ? Il y a des réseaux de distribution au Canada ou aux Etats-Unis ?

Il y a plusieurs réseaux de distribution mais mes disques sont vendus aussi dans mes spectacles. Et puis, il y a Internet évidemment, sur www.jc-harrisson.com et pour la France par l’intermédiaire de Country France et de mon agent Claude Legargasson…

Merci JC Harrisson.

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