Guylaine Bourdages : 10 ans de danse en France… et toujours des projets

Interview réalisée lors du Festival Chatswing : 2017 sera encore une année bien remplie pour la chorégraphe : Guylaine Bourdages fête ses 10 ans en France par une tournée nationale dans les clubs, ce sera aussi l’occasion d’emmener des Français dans son Québec natal en Septembre à l’occasion de la 50e édition du Festival de St-Tite et bien sûr elle vous donne rendez-vous lors des séjours Vacanciel qu’elle anime toujours avec beaucoup de bonheur et d’enthousiasme.

CF : Bonjour Guylaine, c’est la deuxième fois que tu participes à ce festival Chatswing, entourée comme l’année dernière des deux chorégraphes, Darren Bailey et Guillaume Richard.

Oui, Chatswing est mon premier festival de l’année. C’est le moment où je reviens du Québec après les fêtes et l’année démarre par ce festival sympathique.

 

CF : Avant de parler de tes projets pour 2017, peux-tu me dire quel a été ton plus gros événement en 2016 ?

C’est bien sûr le spectacle Showtime à Marseille, qui a été une grosse entreprise, avec cette année une nouvelle chanteuse venue du Québec, Guylaine Tanguay, nouvelle dans l’équipe. C’est toujours un peu « stressant » d’arriver dans une équipe déjà constituée, elle est arrivée le jeudi soir pour chanter le samedi soir sur scène. Donc nous avons eu seulement le vendredi soir pour une grosse répétition générale durant laquelle chacun apporte ce qu’il a fait de son côté et on met tout ça dans la boîte… et ça a été magique !

Richard, Guylaine et Darren au Festival Chatswing 2017
Guylaine Tanguay, répétition au Dôme de Marseille

Guylaine s’est vraiment adaptée à l’équipe et en plus elle a pris le rôle de leader et a apporté une nouvelle énergie aux musiciens et aux chanteurs. C’est quelqu’un qui « tourne sur un système » comme on dit et ça m’a fait du bien de travailler avec elle.

Quand je travaille ici en France, je me dis toujours que j’aimerais qu’il y ait quelqu’un du Québec qui voit ce que fait… et là avec Guylaine ça c’est trouvé ! Guylaine est venue avec son mari qui est aussi son agent et il était impressionné de voir que ce week-end là je dirigeais 120 danseurs, lui qui s’occupe d’un seul artiste ; il me disait « Mais comment tu fais pour porter tout ça sur tes épaules ! »

Showtime Mars 2015 à Evry

Car j’avais à gérer les 120 danseurs et leur stress de leur première expérience sur scène, j’avais l’équipe des danseurs professionnels de Roy Verdonk à qui je devais expliquer ce qu’ils auraient à faire, j’avais Guylaine à gérer et on avait les costumes, les repas… Lui était vraiment épaté et ça m’a fait plaisir que quelqu’un comprenne tout ce travail. Je suis toujours secondée par Laetitia Superson qui m’aide beaucoup… mais on a tout ça sur nos épaules. C’est pas que ce soit « lourd » car c’est un spectacle et une expérience extraordinaire. C’était notre dernière fois à Marseille; nous arrêtons non pas parce que c’est « lourd », mais parce que financièrement on réussit tout juste à s’en sortir même en faisant tout nous-mêmes. Et quand je dis « tout » ça veut qu’on prépare nous-mêmes les repas des artistes… ça va jusque-là pour essayer d’y arriver.

J’espérais qu’il y aurait davantage d’engouement de la part du public… mais c’est difficile d’attirer du public en dehors de la Country. Notre public ce sont bien sûr les danseurs, leurs amis et les membres de leur famille… d’ailleurs certains ont découvert la musique Country et ils ont beaucoup aimé ! « Je ne connaissais pas la Country et j’ai découvert que j’aimais ça ! » Mais pour atteindre le grand public ça coûte très cher de faire la promotion.

Par contre (je suis sûrement un peu folle dans ma tête), nous sommes allées à un concert de Céline Dion à Bercy, avec les copines de Showtime. Et pendant le spectacle, je regardais Bercy et je me disais : « Avec tous les danseurs de tous les Showtime… on pourrait remplir Bercy ! » Mais bon je me suis calmée !

Mais c’est tellement passionnant. C’est vrai que c’est une super expérience pour les amateurs qui le font, ils en gardent un merveilleux souvenir ça nous encourage à continuer quand ils nous disent ce que ça leur a apporté… même si on n’a pas gagné de sous ! Et c’est aussi une belle expérience à rajouter sur sa carte de visite…

CF : Combien de Showtime as-tu réalisés ?

On a fait Toulouse, Grenoble, Évry, Angers, Marseille et le tout premier c’était à Aiffres près de Niort… Six tout de même ! C’est une tournée nationale ! On aimerait bien le présenter au Québec en mélangeant mes danseurs de là-bas et les danseurs français. Ça serait extraordinaire, mais cela rajoute des frais de voyage… voilà encore un autre projet ! ça me nourrit de rêver !

Enfin c’était une belle expérience, qui s’est terminée avec rien d’amer. J’aurais juste aimé aller plus loin, mais les attentats on est obligés d’avoir davantage de sécurité et ça augmente encore le budget. Mais on va continuer avec d’autres projets.

Guylaine Bourdages : une cuvée spéciale pour ses 10 ans en France !

CF : Alors justement, quels sont tes autres projets pour 2017 ?

GB : En 2017 je fête les 10 ans de Guylaine en France. Eh oui, déjà ! ça ne fait pas 10 ans que j’habite ici, mais ça fait 10 ans que j’ai commencé mes activités en France, ça va même faire 11 ans cette année. Le temps passe vite ! et ce qui est génial c’est que je m’en souviens clairement.

Quand j’ai pris la décision de venir en France, je ne savais pas trop si ça durerait un mois, six mois, je ne pensais pas que ça allait durer une année quand même ! Et voilà ça fait 10 ans et c’est passé à la vitesse de l’éclair ! Dix belles années.

Quand on est travailleur indépendant, on ne sait pas trop de quoi va être faite l’année suivante… et à chaque fois j’ai toujours eu des belles surprises qui arrivent !

Donc là, j’ai décidé de faire une tournée pour célébrer mes 10 ans en France.

CF : Et en quoi consiste cette tournée ?

En fait je vais chez des personnes avec qui j’ai déjà fait des stages par exemple et je leur propose de passer une journée ensemble. Je fais une journée de stages. Ceux qui me connaissent bien savent que pour moi la musique c’est très important aussi. J’avais commencé avec Ian Scott, puis avec John Permenter et maintenant j’ai demandé à Wayne Law qui est Australien. Donc je fais le stage et ensuite on a un apéro-concert en acoustique ; j’adore ! c’est une belle voix country comme j’aime, j’aime les voix graves ! Parfois les danseurs ont du mal à s’arrêter pour écouter… mais là comme ils ont dansé pendant trois heures et demie ou quatre heures, ils sont bien contents de s’asseoir et d’écouter en prenant un petit apéro. Ensuite c’est le club qui organise sa soirée comme il veut. Je reste avec eux, pour faire des initiations, réviser… C’est un cadre assez libre, on reste ensemble pour la journée et pour l’apéro-concert c’est toujours Wayne Law qui chante.

Mais parfois il y a des petites surprises, par exemple, à Grenoble, ils ont ressorti des danses que j’avais enseignées à mes débuts. Grenoble c’est mon premier port d’attache en France et c’était aussi la première date de cette tournée, fin 2016. Ils avaient fait un medley… mais moi je ne souvenais plus de toutes les chorégraphies et on a aussi dansé des chorégraphies de Artline que j’avais faites et distribuées en vidéo.

CF : Dans ces stages il y a de nouvelles chorégraphies ?

Oui bien sûr, je crée toujours de nouvelles chorégraphies. J’en crée pour les stages à Vacanciel et pour les journées de stages de ma tournée des 10 ans. Il y a toujours des danseurs qui étaient au séjour Vacanciel et qui viennent ensuite à mes stages, Alors, j’essaie toujours de créer de nouvelles chorés tout en faisant un bel équilibre entre les nouvelles et les anciennes qu’on est content de retrouver. Et puis il faut laisser le temps à une danse de vivre… on est conscient qu’il y a trop de chorégraphies, mais il y a une telle pression… Par exemple, on me demande « qu’est-ce que tu enseignes au stage ? Parce qu’en fait si je les sais je n’irai pas ! »

 

Séjour Vacanciel Mai 2015

Mon autre projet c’est bien sûr les stages Vacanciel, je continue avec eux, et je suis responsable des activités de danse. C’est moi qui explique aux danseurs comme va se passer la semaine et comme je parle français (même si c’est pas tout à fait le même Français !) je fais la liaison avec les chorégraphes étrangers, comme Darren Bailey ou Kate Sala. J’aime beaucoup beaucoup ça. C’est Lyssia qui assurait cela jusqu’à maintenant.

J’adore ces stages Vacanciel parce qu’on a plus de temps avec les gens. On mange ensemble, on prend l’apéro ensemble (avec le l’eau bien sûr !!). Et ce que j’aime aussi c’est côtoyer des chorégraphes comme Rob Fowler, Kate Sala, qui ont un niveau extraordinaire. Ce sont de bons danseurs, de bons chorégraphes. J’aime les regarder enseigner, c’est stimulant. Par exemple, avec Rob Fowler, on passe presque 8 semaines par année ensemble, ça devient comme une famille, on se raconte des petits bouts de vie, c’est devenu un vrai ami. C’est quelqu’un dont j’aime bien la façon de chorégraphier. Et j’ai beaucoup évolué dans ma façon de chorégraphier à côtoyer ces personnes.

CF : Justement, est-ce que dans tes nouvelles chorégraphies, il y en a une que tu veux mettre en avant ?

Dans mes dernières, il y en a une que j’ai enseignée hier aux débutants et qui s’appelle « I just Call« , la célèbre chanson « I just Call » a été réinterprétée façon Country par Jason Allen.

 

CF : Est-ce que tu trouves que c’est plus difficile de créer des chorégraphies pour les débutants ou pour les niveaux plus avancés ?

Personnellement, je trouve que le plus facile c’est de créer des chorégraphies pour les débutants. Je suis vraiment « sociale », je veux que tout le monde pusse danser. Même si la chorée est un petit peu plus difficile je fais toujours en sorte d’emmener tout le monde, de mettre les débutants en confiance. Je prends le temps de leur expliquer et comme je parle français ça aide.

 

J’en ai une autre qui s’appelle « She ain’t in it« , pour les débutants, la musique est lente et elle les « porte ». Et puis j’en ai d’autres en Novice et en Inter, mais je suis particulièrement fière de ces deux là.

Ça se passe bien dans les stages. Je suis dans une bonne période. Il y a quelque chose qui émerge de toutes ces années-là… tant mieux ! C’est important de sentir qu’on avance.

 

CF : Est-ce que tu trouves facilement des musiques à chorégraphier ?

C’est vrai que c’est difficile de choisir des musiques. Il y a différents niveaux de chorégraphes. Il y a par exemple ceux qui comme Rob, Darren ou Rachel, qui dès qu’il y a une nouvelle musique qui sort, écrivent tout de suite une choré dessus. Et nous, si on sort une autre choré après… on n’est pas taille. Du coup, souvent je vais rechercher des musiques un peu plus anciennes qui n’ont pas encore été chorégraphiées, comme pour « I just call ». Du coup ça leur parle davantage (parce qu’ils ont déjà entendu la musique), c’est quelque chose qu’ils connaissent.

 

CF : Personnellement, je trouve qu’il n’y a pas tellement de chorés pour les débutants qui soient à la fois intéressantes, pas trop compliquées, avec une belle musique et si possible sans tag ou restart ou alors 1 tag/restart qu’on entende bien…

Oui c’est vrai. Quand je suis allée à Grenoble, je voulais faire un cadeau à Laetitia et j’ai écrit une choré sur une chanson d’Elvis Presley « Falling in Love« . Il y avait déjà des chorés dessus, mais Laetitia est une fan d’Elvis et c’était pour lui rendre hommage après tous les Showtime qu’on a fait ensemble.

Du coup, cette choré je l’ai enseignée à Blackpool… et c’est la première fois que j’ai une danse qui a rencontré autant de succès et qui a rassemblé autant de danseurs. La semaine dernière j’avais encore des messages sur Facebook qui me disaient que ma danse était demandée dans des playlists. Et « waouh » ça ça fait plaisir ! Il n’y a pourtant rien de nouveau, ni rien de moderne là dedans, mais ça plait !

CF : Donc, voilà pour ta tournée des 10 ans en France. Parle-nous de ton projet de voyage au Québec, à l’occasion du Festival de St-Tite…

Alors ça, ça fait des années que j’en parle, parce que cette année ce sera la 50e édition. Et depuis que je suis en France, je parle de ce festival, j’en fais la promotion, car c’est tout près de chez moi au Québec et on est très fiers de ce festival.

Parade à St-TiteEn fait ce n’est pas seulement un voyage à St-Tite… ça fait 5 ou 6 ans que je dis « pour la 50e édition du festival de St-Tite j’organiserai un voyage au Québec ». Alors voilà, sur les 10 jours que va durer ce voyage, on va passer deux jours sur le festival, car c’est vrai que St-Tite c’est énorme, et on va aussi visiter beaucoup de belles choses. Donc j’accompagne pendant les 10 jours, mais ce n’est pas moi qui « organise matériellement » ce voyage, c’est une agence… En fait c’est un circuit dans lequel j’ai gardé les endroits où je suis allée, que je connais bien et où on est certains qu’on va passer du bon temps, par exemple des endroits où on fait ce que chez nous on appelle des « épluchettes de blé d’Inde » et je veux que les Français vivent ça avec moi.

Voyage au Québec, Sept. 2017Ce voyage est complet, on a rempli deux autocars… on aurait pu continuer, mais je voulais conserver une certaine qualité et pouvoir passer du temps avec chacun. C’était complet moins d’un mois après avoir lancé le projet. Déjà avec deux cars, ça fait 106 personnes, mais on va s’organiser pour ne pas arriver tous en même temps à un même endroit. On va avoir beaucoup de plaisir et j’ai vraiment hâte d’y être !

Et on terminera ce voyage à l’Auberge du Lac Taureau, qui est un endroit magnifique où va danser, chanter et prendre du plaisir ! Ce n’est pas non plus un « voyage de danse », il y aura certainement des occasions de danser, particulièrement à St-Tite, mais les gens ne s’attendent pas à danser tous les soirs. Ce n’est pas ce que je voulais faire, danser on le fait tout le temps… Là, ils vont voyager, profiter, voir les baleines à Cadoussac, visiter la cabane à sucre et voir plein de beaux endroits…

CF : Donc 2017 sera une année bien remplie…

Encore une fois ! Mais c’est bien, parce qu’après le Showtime… j’ai passé le cap de la cinquantaine et à ce moment-là tu réfléchis et j’ai fait un bilan : Où est-ce que je suis rendue, est-ce que je suis heureuse ? Chez ma maman, j’ai ressorti des boites de photos et je me rends compte que pendant ces 30 dernières années, j’ai toujours produit, produit, produit. Avec des enfants, des adultes, j’ai toujours tout fait et à un moment donné, notre corps nous rappelle à l’ordre… on ne s’en aperçoit pas parce qu’on est toujours dans l’action. Quand je faisais les Showtime, j’avais des stages tous les week-ends, et quand je n’en avais pas j’en profitais pour entraîner les danseurs… ça fait que sur une année t’arrête pas !

Et tu sais, je suis en France et en Europe aussi parce que j’avais envie de visiter… et ça je le fais davantage maintenant. Quand j’ai un week-end de congés, on prend la voiture et on va se balader. Je prends le temps de vivre, parce que c’est important. Je prends aussi le temps de cuisiner…je n’aime pas spécialement ça, mais je commence à y prendre goût et ça permet de manger plus sainement. Voilà c’est plein de petits plaisirs de la vie dont j’essaie de profiter au maximum.

CF : Merci Guylaine

Propos recueillis par Annie Briand

Photos : Jean-Claude Rizzo, Alain Mangenot

Retrouvez Guylaine sur Internet et sur Facebook.

Prochaines dates de la tournée des 10 ans : 20 Mai à Etrépilly (77), 27 Mai à Vaudry (14)

Son projet pour 2018 : un super Voyage de Nashville à la Nouvelle-Orléans.

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